Botiza (22-26/12/2015)

Crăciun Fericit

Joyeux Noël

Le 22 décembre est un jour de transfert d’Oncesti à Botiza. Je reste dans la vallée de l’Iza en me dirigeant vers l’est. Pour passer d’un village à l’autre, j’ai utilisé pour la première fois, un peu timidement, l’autostop qui a fonctionné assez rapidement. Trois hommes étaient déjà dans la voiture, deux d’âge mûr et un jeune homme. Les deux plus âgés faisaient le signe de croix à chaque fois que nous croisions un lieu religieux.

Botiza

Une fois dans le village nommé Botiza, qui se situe au bout d’une petite route campagnarde, je rejoins mes hôtes pour poser mes affaires. Une fois encore, la maison est une micro ferme, quelques animaux et un petit lopin de terre, qui permet à toute la famille de produire sa propre consommation.

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J’ai voulu retourner sur les traces de mon passé, un voyage cinq ans en arrière, pour y réveiller mes souvenirs, voir les changements et aller encore plus loin sur les mêmes sentiers. J’ai entamé alors une petite balade le long de la rivière pour atteindre le monastère tenu par des moniales. Une fois dans ce lieu, je suis resté un moment me reposer sur un banc, dos à une partie du village que je surplombais. De là, dans le froid et la brume avoisinante, remontaient du village les sons étouffés des paysans au travail. Ils se hâtent avant les grands froids de l’hiver et les festivités de fin d’année.

Je me rends ce 23 décembre,  dans deux villages, alternant entre autostop et autobus, selon les opportunités qui s’offrent à moi.

Sacel est un village où l’on trouve un atelier de poterie rouge typique, malheureusement il est fermé pendant les fêtes. Cela étant, le détour m’a permis de voir les contreforts des montagnes enneigées.

Poteries rouges de Sacel
Poteries rouges de Sacel (musée de Sighetu Marmatiei)

Dragomiresti est un village ou l’on trouve un petit musée ethnographique fort sympathique, présentant  les caractéristiques du village et de ses alentours. Le musée se trouve dans une ancienne maison traditionnelle toute en bois et entourée d’une clôture de branches tressées. On entre par un magnifique portail sculpté. A l’intérieur, on trouve tout ce que l’on utilisait autrefois. Des costumes qui diffèrent d’un village à l’autre, des ustensiles de cuisine, la baignoire pour le bébé…

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Si le musée est fermé, il ne faut pas hésiter à en demander l’ouverture à la guide qui vit dans une maison de la petite rue perpendiculaire à droite. Elle parle exclusivement roumain, mais les racines communes de la langue et les gestes permettent de pallier ce petit problème.

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Le soir, j’ai eu la surprise de rencontrer Maria (c’est la 6e Maria que je rencontre !) qui parle français. Elle est l’institutrice du village. Elle a ainsi pu me donner des informations sur celui-ci : Botiza existe depuis 1470 et comporte actuellement 2 500 habitants. Le nombre diminue essentiellement à cause de la dénatalité, aujourd’hui il est plus fréquent de voir des familles avec deux enfants alors qu’auparavant, ils étaient plutôt au nombre de quatre. Par ailleurs, la Roumanie est un pays fortement agricole. De nos jours, il est même fréquent de voir des jeunes revenir à la campagne après avoir été déçus de la ville.

En ce 24 décembre, jour de préparation aux fêtes de Noël, je commence la journée par une visite à la famille de Maria, l’institutrice, qui m’offre une dégustation de jus de pomme et de prajitura, gâteaux de Noël, tout ceci fait maison.

Puis elle me fait une démonstration de tissage. Les pelotes de laine sont fabriquées et teintes sur place. Les couleurs sont faites exclusivement avec des produits naturels. Par exemple, pour faire du vert on utilise de l’ortie, le marron selon la teinte sera produit grâce à de l’écorce d’arbre, de la pelure d’oignon ou encore la bogue des coquilles de noix. Il est possible de nuancer la couleur avec des pervenches. Tout ceci est plongé dans de l’eau bouillante, puis la laine est rincée dans l’eau froide de la rivière.

Le tourisme est un réel facteur qui permet de garder et même de retrouver des traditions qui se perdent comme le tissage de Botiza il y a quelques années. Aujourd’hui, des touristes du monde entier viennent pour voir ces traditions qui s’étiolent peu à peu. Les femmes lavent, cardent, filent, teignent et tissent la laine. Les tapis servent aussi bien à décorer les murs qu’ à mettre au sol. Les motifs des tapis de Botiza sont des dessins stylisés de fleurs, soleil, animaux et autres qui ont plus de 2000 ans.

Lorsque je reviens à la maison, mon hôte me montre les étapes de la préparation des cozonac, les pains de Noël cuits au feu de bois.

La nuit tombe, l’odeur de la fumée des poêles à bois emplit les rues, des pétards commencent à retentir, les enfants à sortir de chez eux par petits groupes, le petit sac à carreaux traditionnel en bandoulière, pour aller chanter les colinde, chants de Noël traditionnels.

La majorité des habitants du village va à la messe de minuit, soit dans l’église orthodoxe soit dans l’église gréco-catholique (uniate). Ils sont pour la plupart habillés en costume traditionnel. Les femmes, un fichu sur la tête, une veste en laine, une jupe courte noire à fleurs, des bottes en cuir ou plus rarement les chaussures traditionnelles et des chaussettes en laine blanche. Les hommes avec un chapeau de laine noir ou gris, une chemise blanche brodée et un manteau de laine épais blanc ou marron ornementé d’un galon de velours noir.

De petits groupes d’adultes se forment un peu partout pour aller « colinder » devant les portes des amis et des voisins. Nous nous mettons en demi-cercle devant une porte qui reste fermée le temps du chant puis on demande si l’on peut entrer, on se salut et les habitants du logis nous proposent de partager à boire et à manger. Nous discutons puis nous repartons dans la nuit épaisse et froide vers une autre demeure jusqu’à une heure avancée du matin. Certains chantent en s’accompagnant aussi d’instruments, violon, accordéon… Au bout d’un moment, après avoir été spectateur, je me mets à participer avec eux, dans la joie et la bonne humeur. C’est un moment où se mélangent toutes les générations dans le plaisir et le partage. Les maisons peuvent être très modestes ou assez cossues.

Colinda
Groupe « colindant » dans la nuit

Ainsi on alterne les repas, les messes, le repos et les chants pendant trois jours, du 24 au 26 décembre.

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Le 25 décembre, dans les Maramures, il existe une tradition particulière qui s’appelle Viflaim ce qui signifie « Jérusalem » en vieux roumain. C’est un événement qui consiste à réaliser une petite saynète pour représenter la naissance du Christ au milieu de la place centrale du village. Il y a aussi des gens déguisés, avec de grosses cloches accrochées à leur taille, et qui portent des masques pour faire peur et éloigner les mauvais esprits. Je n’ai pas eu la chance de voir la saynète qui a été annulée.

Florian en costume traditionnel (2)
Florian en costume traditionnel

Auteur : Florian Karoubi

N.B. : Toutes les photos appartiennent à Cultinera et ne peuvent pas être réutilisées sans autorisation.

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