Gura Humorului (27-30/12/2015)

Transfert de Botiza vers Gura Humorului, ma prochaine étape, en passant par Sighetu Marmatiei. Cela me donne le temps de voir le fameux festival de Sighet (le surnom que donnent les habitants de la région à Sighetu Marmatiei). Je n’ai eu le temps de voir que les défilés et d’écouter quelques chants traditionnels. La plupart des villages des Maramures et de Bucovine sont représentés. Les groupes sont revêtus de leurs plus beaux atours traditionnels. La République de Moldavie et la Slovaquie étaient aussi représentées.

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Je profite aussi de ma présence à Sighet pour visiter son musée ethnographique.

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Puis je me dirige vers la gare, isolée et un peu délaissée, elle laisse l’impression d’avoir remonté le temps de quelques décennies.
Je partage mon compartiment avec des Roumains et une Moldave. J’en profite pour leur poser des questions sur les différences entre la Roumanie et la République de Moldavie. Peu de différences, selon eux, ils parlent la même langue et partagent une culture très proche, les salaires sont encore plus faibles en République moldave.
Pour ne pas attendre deux heures dans la gare de correspondance, ils décident de continuer dans le même train et de récupérer la correspondance plus loin. Mais ce n’est qu’au dernier moment qu’ils m’informent de leur dessein. Un peu perplexe, je me laisse embarquer avec eux. Un esprit de solidarité et d’entraide s’instaure entre nous rapidement.
J’arrive  à la gare de Gura Humorului à 4h00 du matin. Je suis le seul passager à descendre du train. Mes hôtes m’accueillent très sympathiquement sur le quai.

Le premier jour après une longue nuit, je me mets en route pour les premières visites en Bucovine. Cette région du nord-est de la Roumanie, coincée entre la République de Moldavie et l’Ukraine, est la deuxième étape de mon voyage. 

L’histoire de la Moldavie et de la Bucovine est assez complexe, en voici donc un petit résumé pour y voir un peu plus clair : la Moldavie est créée à partir du XVe siècle par un voivode (prince) des Maramures envoyé par les Hongrois pour créer un territoire féodal, une entité administrative. Cette région concerne ce qui correspond aujourd’hui à la République de Moldavie, le nord-est de la Roumanie et une partie ukrainienne. Le territoire de la Bucovine actuelle a été pris en 1775 par les Autrichiens qui lui donnèrent son nom. Ceux-ci quittent la région en 1918. Une partie de l’ancienne Moldavie est annexée par les Soviétiques en 1940 ; une partie appartient depuis lors à l’Ukraine, et l’autre a pris son indépendance et est devenue la République de Moldavie. Conséquence de l’histoire, ce territoire est une terre multi-ethnique : s’y côtoient Serbes, Slovaques, Allemands, Roumains, Hutsuls ukrainiens, Arméniens, Polonais, Autrichiens, Juifs, …

Ancienne Moldavie
L’ancienne Moldavie

Le premier monument que je visite est le monastère de Humor du village Manastirea Humorului classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cet édifice des XVe-XVIe siècles, de style byzantin, fait partie de tout un ensemble de monastères que l’on trouve dans cette partie de la Roumanie, la Moldavie roumaine, ou plus spécifiquement la Bucovine. Son église est dédiée à Saint Georges, le vainqueur très important dans la région. Actuellement, un peu moins d’une dizaine sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. À l’origine, ils sont, pour la plupart, peints entièrement à l’intérieur et à l’extérieur, chose évidemment rare. Bien que sur certaines façades extérieures les dessins commencent à s’effacer à cause des intempéries subies, on a encore la chance après plus d’un demi-millénaire de pouvoir admirer ces peintures murales grandioses. Nous n’avons pas le droit de prendre de photos à l’intérieur mais je vous laisse imaginer que les peintures encore plus vives mêlées à un décor religieux orthodoxe nous mettent face à un spectacle grandiose, notamment on trouve une iconostase et des portes basses de style médiéval.

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Puis je me dirige vers le centre-ville en autostop, cette fois pas une minute d’attente, à chaque fois la première voiture qui passe me donne un coup de pouce. Je vais jusqu’au monastère suivant, l’un des plus connus et des plus visités, celui de Voronet. Ce monastère orthodoxe érigé en 1488 par Stefan cel Mare (Étienne le Grand), est très réputé pour la couleur bleue dominante de ses peintures murales dont la plus impressionnante est celle du Jugement dernier. Ce bleu est répertorié par les historiens d’art comme unique au monde et d’une importance égale au rouge de Rubens et au vert de Véronèse.

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Étienne le Grand régna de 1457 à 1504. Pendant cette période, il fit construire quarante-quatre monastères, majoritairement fortifiés, en Moldavie. Il encouragea les arts, ainsi dans les monastères il n’était pas rare de trouver des écoles de broderies et d’enluminures. Puis ce travail a été repris par Petru Rares.

Le 29 décembre, en me réveillant, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je glissais un œil à travers les carreaux de la cuisine près du poêle en céramique : tout le paysage était recouvert d’un manteau de  neige.

De surprise en surprise, n’ayant de prévu qu’un petit musée ethnographique dans la journée je me dirige en premier lieu vers le monastère Humor pour avoir quelques clichés sous la neige. Puis j’entre dans une boutique de souvenirs et je me mets à discuter longuement avec la vendeuse. Nous comparons essentiellement les conditions de vie des pays car elle a habité en Italie et en Angleterre. Puis je lui dis que je ne sais pas trop quoi faire aujourd’hui. Nous commençons à réfléchir ensemble. Elle me conseille un petit musée de l’œuf à un peu plus d’une dizaine de kilomètres de là qui n’était pas répertorié dans mon guide. Je décide donc d’aller en premier à Vama pour y voir cette collection d’œufs décorés. La propriétaire, Letitia Orsivschi, artiste internationale, était présente pour me donner des informations complémentaires.
Quel enchantement face à ces milliers d’œufs du monde entier ! La collection comprend à l’heure actuelle plus de 6 000 œufs d’une variété impressionnante provenant de 79 pays. Un audioguide en français donne beaucoup d’informations. 
Le musée ethnographique sera pour le lendemain vu le temps que j’ai passé dans le Muzeul Oului.

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Auteur : Florian Karoubi

N.B. : Toutes les photos appartiennent à Cultinera et ne peuvent pas être réutilisées sans autorisation.

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