4. Albanie

Un pays méditerranéen souvent oublié

Ici, les choses prennent un tout autre visage. Après les montagnes abruptes du Monténégro, j’arrive dans un paysage beaucoup plus plat. Même si l’Albanie est un pays avec une forte concentration de montagnes, il se divise en deux parties : les plaines près de la côte et plus on va vers l’est, plus les montagnes se font présentes. C’est pour cela qu’il est appelé le « Pays des aigles ». D’ailleurs, son drapeau qui est l’un des plus anciens d’Europe comporte un aigle à deux têtes. L’habitat y est beaucoup plus pauvre qu’au Monténégro.

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La langue est un élément plus que fondamental de la culture albanaise. Elle n’a aucun rapport avec ce que je connais. Cette langue si particulière a été conservée malgré les dominations successives de ses voisins belliqueux. C’est une langue indo-européenne qui vient des Illyriens déjà présents sur le territoire 1 000 ans avant notre ère et dont le territoire d’influence s’étendait de la Slovénie, au nord, à la région de l’Épire dans l’actuelle Grèce, au sud. La population albanaise est très accueillante et aimable dès le début, quand je demande de l’aide pour trouver mon chemin ou pour des renseignements. Il s’avérera plus tard qu’ils sont vraiment d’une gentillesse incomparable. Beaucoup, surtout les jeunes, savent très bien parler anglais, ce qui était moins le cas jusqu’à présent.

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Shkodra

Arrivé dans la ville de Shkodra, première grosse ville après la frontière nord et plus ancienne ville du pays, je m’aperçois rapidement que le code de conduite routière est laissé de côté, mais sans que ce soit une jungle automobile, le trafic reste fluide. La statue de Mère Theresa se distingue près de la grande place : c’est de Shkodra qu’une partie de sa famille est originaire et elle-même y a vécu plusieurs années.

Cette ville était un véritable centre culturel pour le pays au début du XXe siècle. En témoigne le musée Marubi qui regroupe un fonds de plus de 150 000 photographies de la période de 1858 à 1940 sur la vie de la ville. Pendant trois générations et au tout début de la photographie, la famille Marubi n’a cessé de photographier les activités de la ville et sa population sous tous ses angles. Elle créa le premier studio photographique du pays.

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Tirana

La capitale du pays paraît immense et ne comporte pourtant qu’un peu plus d’un million d’habitants. Peu de hauts immeubles sont sortis de terre jusqu’alors car ils étaient interdits pendant la dictature communiste de 1961 à 1991.

Cette ville bruyante et surpeuplée a des côtés très simples et reposants. A tous les coins d’ombre et de verdure, de petits groupes d’hommes âgés se réunissent pour jouer aux dominos. Régulièrement, il est possible de voir un vieux monsieur assis près d’une balance pour peser les passants pour quelques Lek.

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Peseur avec sa balance

Après le travail, de nombreux citadins se retrouvent entre discussion, repos, sport, promenade en famille et retrouvaille amoureuse dans l’immense parc de 230 hectares et son lac artificiel qui bordent la ville. Un véritable poumon de verdure !  Non loin de là, un peu plus tard dans la nuit, la vie commence à s’agiter dans le quartier du Blloku, l’ancien quartier des dirigeants communistes qui était interdit au peuple sous la dictature. Aujourd’hui, la jeunesse albanaise s’est réappropriée ce lieu devenu très à la mode.

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Kruja

Kruja est une ville fortifiée qui fut la première capitale du pays, à 20 km au nord de Tirana. Elle fut la première reprise à la plus grande armée du XVe siècle, aux Ottomans, par Skanderbeg, le héros national qui a donné son nom à l’immense place – rond-point central de Tirana et dont la statue aux dimensions extravagantes trône en son milieu. Un véritable symbole pour le pays qui possède encore un château et le vieux marché qui domine la région à 600 mètres d’altitude.

J’ai l’opportunité de dernière minute de rencontrer le chorégraphe de l’Ensemble Folklorique National albanais, Genci Kastrati, qui m’explique pendant plusieurs heures son histoire et sa culture au travers des différents types de danses traditionnelles du sud au nord de son pays. C’est un moment très précieux pour moi. Il m’explique aussi la place qu’ont les danses traditionnelles depuis la dictature jusqu’à aujourd’hui. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, pendant la période sombre de l’histoire du communisme, beaucoup a été fait pour la sauvegarde des danses et musiques traditionnelles. Son père, Zeki Kastrati, était lui-même envoyé pendant cette période pour aller collecter les danses dans les villages et les festivals de la manière la plus précise possible. Encouragé par ses parents, Genci est monté sur les planches à l’âge de 6 ans pour interpréter une danse appelée de génération en génération pour montrer l’importance de la transmission du patrimoine culturel.

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Dans un musée, j’apprends la fabrication du qeleshe, le chapeau traditionnel albanais. Pour le préparer, il y a de nombreuses étapes à respecter :

En tout premier lieu, après avoir récupéré de la laine blanche de mouton et l’avoir lavé, il s’agit de l’émietter et d’en faire une boule ; puis d’en faire une galette à l’aide d’une planche en bois. Ensuite, on le plie en deux pour égaliser les bords et lui donner sa forme. Puis il faut tanner l’ensemble avec de l’eau et du savon pour harmoniser, homogénéiser et continuer à égaliser. Il faut continuer à pétrir pour lui donner de la souplesse. On assoit ensuite le lainage sur une forme en bois arrondie ou plane sur le dessus tout en continuant à tanner avec de l’eau. Après cela, il faut limer avec un rasoir et encore humidifier avec du savon. Enfin, on laisse reposer avec des poids. Le même procédé peut être utilisé pour fabriquer des chaussons.

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J’entame la route vers les montagnes qui rejoignent la frontière macédonienne. Avant de la traverser, je m’arrête dans un petit restaurant pour me restaurer. Lorsque j’ouvre la bouche pour commander un plat en anglais, toute la salle se tourne vers moi. Une jeune cliente vient m’aider pour me faire comprendre du serveur. Le plat qui arrive sur ma table ressemble à un plat de cantine.

Falemnderit = Merci

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MACÉDOINE

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Vevtchni

Lorsque j’arrive en Macédoine, je me dirige en premier lieu vers le village de Vevtchni. Ce petit village pittoresque donne véritablement l’impression de remonter le temps.

Ohrid

Puis direction Ohrid, ville classée au bord d’un lac de plus de 4 millions d’années. C’est le plus vieux lac au monde après le lac Baïkal. Cette ville est connue pour son cadre agréable et ses églises rupestres. Depuis plus de 6 000 ans, des populations occupent ce lieu idyllique. Au IIIe siècle, l’évêque saint Érasme d’Antioche en fait même la Jérusalem des Balkans.

Auteur : Florian Karoubi

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N.B: les photographies sont la propriété de Cultinera et toute reproduction est interdite sans autorisation préalable.

 

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