8. Serbie

Tout au long des frontières serbes, on rencontre jusqu’à vingt-six minorités. Celles-ci apportent à la langue serbe une grande richesse lexicale et syntaxique, influencée par les nombreuses cultures autour d’elle.

Kraljevo

Mon premier arrêt est pour cette petite ville tranquille sans intérêt particulier. Mes hôtes sont pour la première fois des couchsurfeurs (c’est une personne qui accepte d’héberger un ou plusieurs voyageurs pour une ou plusieurs nuits gratuitement). Nous passons la soirée à échanger sur les cultures de nos pays et de quelques autres. Je partage avec eux le premier goulash (ragout de viande au paprika d’origine hongroise) fait maison du jeune couple. Le lendemain, ils m’emmènent visiter le musée municipal où l’on trouve quelques salles qui retracent l’histoire de la ville et de la région. Aussi modeste soit-il, il me permet de voir avec quel acharnement les hôtes et le personnel du musée essayent de se rendre agréables et attentionnés envers moi.

Plus tard, nous allons goûter quelques spécialités dans une sorte de Pekara (boulangerie).

Après cela, c’est le moment de se quitter et me voilà parti en direction de petites routes vallonnées bordées de prairies dans les alentours de Sirogojno.

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Sirogojno

Ce village comprend un village-musée créé à l’initiative de la styliste reconnue internationalement, Dobrila Smiljanic, dont les maisons de Serbie occidentale ont été démontées et reconstruites pour la prospérité. Cette même styliste a réuni en coopérative les tricoteuses du village, ce qui a contribué à faire connaître le tricot de Sirogojno au-delà de ses frontières. Ceci dit, les routes de la région se font le prolongement du musée. Nombreuses sont encore présentes les vieilles bâtisses en bois ou en chaux.

C’est d’ailleurs dans cette région qui borde la Bosnie-Herzégovine que le célèbre réalisateur Emir Kusturica a réalisé plusieurs de ses films. C’est l’occasion d’y visiter le village Mecavnik, créé par Emir Kusturica et Mokra Gora, d’où part le petit train de son film « La vie est un miracle ». J’ai pu y retrouver avec plaisir certains paysages bucoliques de ces films.

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Valjevo

Ville qui a marqué pendant plusieurs siècles la séparation entre l’Empire ottoman et la Serbie pendant sa domination. La ville est divisée par la rivière Kolubara qui séparait d’un côté l’Empire ottoman et de l’autre la Serbie et l’Empire austro-hongrois. Valjevo est un véritable symbole de la résistance et de soulèvements serbes qui se sont acharnés pendant plusieurs siècles contre ces envahisseurs même si ce dernier était en surnombre.

C’est dans cette ville que je fais la rencontre de Maja qui me montre la ville de Valjevo en compagnie de ses deux enfants. Elle me fait entrer dans la réserve de costumes de son groupe de danse « Kud Krusik », une véritable caverne d’Ali Baba dont certains costumes sont authentiques et collectés directement dans les régions rurales correspondantes, pour les autres ce sont des reproductions. Ce groupe a été créé en 1972, Maja en fait partie depuis 26 ans maintenant. Un groupe qui a commencé à l’époque de la Yougoslavie et donc qui pratique encore les différentes danses traditionnelles de cet ensemble de pays. Enfin, Maja et trois autres filles me chantent des chants polyphoniques traditionnels serbes.

Je remercie vivement Richard W. de m’avoir mis en contact avec Maja qui fut un moment fort de mon voyage.

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Belgrade

Belgrade se situe sur une position stratégique majeure de voies de communication tant fluviales que routières, étant sur le Danube qui relie la mer du Nord par le canal avec le Rhin, et la mer Noire. Plus encore, la capitale serbe est sur l’axe autoroutier qui lie et relie Istanbul, Thessalonique, Sofia au reste de l’Europe occidentale. On peut aisément constater l’importance de son emplacement en tant que pont entre ces deux cultures, occidentale et orientale, qui se toisent et se défient depuis de nombreux siècles.

La pièce maîtresse de la ville est incontestablement son musée ethnographique avec sa collection étourdissante de vêtements traditionnels de l’ex-Yougoslavie : une palette de couleurs et de matériaux incroyables que chaque région s’évertue à composer de la plus élégante des manières.

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Nensi m’accueille dans son appartement et me parle de son combat pour les Rroms qui font partis des minorités aves les LGBT les plus discriminés du pays. Elle travaille pour un programme européen qui veut encourager leur scolarité.

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Voïvodine

Voïvodine est une province autonome de Serbie qui a des accents hongrois en raison de son appartenance à l’Empire austro-hongrois. La Voïvodine est une grande étendue plate à perte de vue de terres arables, conséquence de la présence d’une mer dans des temps très anciens. C’est le grenier du pays où l’on trouve les trois plus grands fleuves du pays qui l’irrigue, dont le Danube.

Dans cette région, les villages n’ont pas le même aspect, sur le long de la route les maisons se présentent toutes de couleurs et d’aspects différents les unes des autres, mais alignées comme au garde-à-vous avec une rigueur impeccable. On ressent totalement l’impact de la présence austro-hongroise.

C’est ici que je découvre la peinture dite naïve. Dans le village de Kovacica, on trouve une galerie d’art naïf qui serait le lieu de départ de cet art populaire dont mes yeux se régalent. Les peintres sont principalement des paysans sans réelle formation artistique qui mettent toute leur âme et leur cœur dans leur peinture. Ce village est à majorité slovaque comme plusieurs villages des alentours. L’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche avait encouragé les populations hongroise et slovaque à venir s’installer pour y cultiver les terres arables de la région.

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Sombor

Tout à fait au nord, on trouve Sombor, petite ville paisible avec ses maisons bourgeoises telles de gros gâteaux à la crème de l’époque austro-hongroise. Cette petite ville de province se situe à la frontière de la Croatie et de la Hongrie, ce qui explique l’importante densité ethnique de vingt-et-une communautés. Quelques kilomètres plus loin en pleine campagne je rencontre mon nouvel hôte, Liliana, qui a vécu 20 ans en Hollande et qui a une vie passionnante. Elle me conseille de toujours suivre mon cœur, c’est le meilleur baromètre pour une vie qui passe si vite… Elle, la citadine que personne n’a cru capable de partir pour élever des animaux et cultiver ses légumes presque en autosuffisance, seule dans une campagne assez profonde où le chemin qui mène chez elle à travers champs n’est qu’une piste poussiéreuse ! Mais après, nous nous retrouvons dans un paradis de Peace (paix) comme elle dit et cela fait beaucoup de bien.

Auteur : Florian Karoubi

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N.B: les photographies sont la propriété de Cultinera et toute reproduction est interdite sans autorisation préalable.

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