La kuksa

La kuksa est une tasse en bois traditionnelle qui vient du peuple sami, aussi appelé lapon puisqu’ils vivent dans l’actuelle Laponie. Ce peuple est considéré comme le plus ancien d’Europe et vit sur une large surface répartie entre le nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande ainsi que la péninsule de Kola, en Russie. Retirés loin de tout, il est très difficile de recenser leur nombre exact, mais on les évalue de 85 000 à 140 000. Ils conservent aujourd’hui des traditions anciennes comme celles de la kuksa, objet rattaché au duodji, l’artisanat lapon.

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Drapeau sami (comportant les quatre couleurs traditionnelles : rouge, vert, jaune et bleu)

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Description :

La kuksa est traditionnellement faite en bois de bouleau, et plus précisément avec de la loupe de bouleau, une excroissance sur le tronc qui permet de creuser des formes plus amples. Elle est souvent équipée d’un petit bracelet en cuir fait en renne qui sert généralement à attacher l’objet à la ceinture de son propriétaire, en randonnée. À la fois légère, solide et pratique, elle est plus commode à utiliser dans la nature que des verres ou des gobelets.

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Loupe de bouleau

On y sert généralement le thé, le café ou même la vodka et grâce aux matières naturelles de la kuksa, l’objet ne devient pas brûlant, contrairement à la porcelaine ou au métal qui vont chauffer et peuvent par conséquent brûler les mains. Les Samis s’en servaient donc également pour se réchauffer les mains pendant qu’ils buvaient. Un moment de partage  chaleureux permis par cet objet social !

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Origine :

Les origines de la kuksa proviennent du Duodji : un artisanat des Samis vieux de plusieurs milliers d’années. Fonctionnel et utilitaire, mais incorporant parfois des éléments artistiques, le duodji concerne essentiellement les objets du quotidien (couteaux, bols, etc.). Cette forme d’art se divise en deux groupes en raison de ses matériaux – tous issus de la nature : les objets féminins, en peaux le plus souvent, et les objets masculins, en bois, en corne ou en os. Ils sont liés au mode de vie nomade : ils devaient être pratiques tout en ayant la préoccupation de s’adapter aux difficultés liées à l’environnement.

La kuksa provient du groupe d’objets masculins. Elle se fabriquait traditionnellement à la main, demandant du temps et une certaine dextérité dans la taille du bois. Le plus souvent, un Sami se fabriquait sa propre kuksa. Il arrivait aussi qu’elle fasse l’objet d’un cadeau. La kuksa est exemplaire du rôle du duodji dans l’identité sami : un objet fait à la main porteur de culture, symbolique de leur mode de vie.

Il est important de laver la kuksa avec une serviette mouillée et de la rincer à l’eau mais sans détergent. Attention cependant, car les croyances ancestrales voudraient que celui qui lave sa kuksa en dehors d’un ruisseau à l’eau pure perde sa chance !

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Utilisation actuelle :

La kuksa est restée profondément traditionnelle et est toujours utilisée par les éleveurs de rennes – l’élevage étant l’activité principale des Samis – en tant que marque de « réussite sociale ». Le nombre de trous (de un à trois généralement) que comporte la poignée est censé indiquer la richesse de l’éleveur de rennes. Plus l’objet comporte de trous, plus l’éleveur possède de rennes ; un nombre significatif  de sa richesse et du respect qu’il peut prétendre auprès des autres éleveurs.

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Kuksa à deux trous

En revanche, en dehors des pays scandinaves, l’objet reste difficile à trouver en raison du mode de vie différent qui ne requiert pas ses fonctions. De plus, l’objet se fait rare en raison des matériaux spécifiques à sa réalisation, notamment le vrilbjörk (nom scandinave de la loupe de bouleau), ce défaut génétique dans l’arbre utilisé pour réaliser la kuksa.

Par ailleurs, les traditions artisanales ont évolué en même temps que la société et la fabrication manuelle d’objets comme la kuksa, qui s’enseignait de génération en génération au sein d’une famille, s’est en partie perdue. La fameuse tasse fait parfois son apparition en tant qu’objet décoratif industriel, ce qui va à l’encontre de la vision des Samis qui ne concevaient pas l’objet comme décoratif mais comme pratique, utilitaire et social.

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Kuksa décorée

Ainsi, on trouve aujourd’hui beaucoup de vidéos ou d’explications sur des sites Internet pour réaliser sa propre kuksa, à base de matériaux qui peuvent parfois différer des matériaux traditionnels : le frêle ou le chêne par exemple.

Auteur : Aurélien Di Sanzo


Pour aller plus loin :

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