Mes premiers pas en Biélorussie

Ça y est, l’expérience commence !

Cette expérience qui m’a posé tant de questions avant même de commencer ; tant d’incertitudes, d’hésitations, le faire ou ne pas le faire, suivre son cœur ou sa raison, parfois le cœur a bien plus raison que la raison elle-même. Le cœur ouvre la voie, oriente les choix, la raison organise et mesure les risques. Comme a dit une chanteuse de Jazz lors d’une conférence que je viens de suivre grâce à mon expérience professionnelle ici : Be curious Don’t be strong, just curious and do the first 2 steps and you will see what will happen… (« Soit curieux, pas besoin d’être fort, juste d’être curieux et de faire les deux premiers pas et tu verras ce qui arrivera »). C’est exactement ça !

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En partance

Me voilà donc parti, le 30 octobre, pour la Biélorussie. Un long voyage m’attend, départ très tôt, arrivée tardive ; une voiture, un car, un avion, un deuxième car avec une longue attente à la douane notamment parce que je ne corresponds pas la photo du passeport semble-t-il, puis deux derniers bus sous un mélange de pluie et de neige.

Je passe par Vilnius où je prends le bus. Au bout de quelques mètres me voilà déjà dans un nouveau décor ; maisons en bois essaimées de-ci, de-là, qui rappellent un âge bien lointain. Ce pays balte à la croisée entre deux langues que je ne connais pas ; le russe et le lituanien. Pour autant, l’histoire a réuni à plusieurs reprises les cultures slaves et baltiques pour faire face à l’envahisseur. Les paysages naturels se composent en grande partie de bouleaux et de sapins sur une ligne plane. À peine un pied dans l’engrenage que le contraste est frappant entre l’amabilité du peuple et la machine administrative, lourde et pointilleuse.

Arrivée à Minsk, capitale biélorusse, dans l’appartement et rencontre avec mes colocataires allemandes.

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Premier coup d’œil sur la ville de Minsk

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Les premiers jours je pars à la découverte des rues de la ville de Minsk, capitale la plus détruite en Europe tout au long de son histoire. Je cherche aussi mes marques et mon orientation. Je parcours donc les rues à pied, seul ou accompagné. De longs boulevards qui peuvent sembler interminables en raison de leur caractère monumental. La rue principale Niezalieznaci fait office de centre névralgique de la ville, avec des bâtiments imposants, à l’architecture stalinienne, dans le style du réalisme socialiste.

J’ai pu me rendre au marché Komarovka. Ce gigantesque marché, le plus grand du pays, nous offre un spectacle fabuleux de mille et une couleurs.

Je découvre progressivement d’autres quartiers, notamment Trojka et Oktiabrskaya street avec ses nombreux graffitis, à l’est de la ville ; un lieu un peu alternatif où les jeunes aiment à se retrouver.

Musée des Beaux-arts – Détente dans le joli musée des Beaux-Arts de Minsk avec beaucoup d’œuvres de peintres locaux. Un style que j’apprécie tout particulièrement et qui me laisse traverser les époques, XVIIIe et XIXe siècles principalement.

Transports : Au niveau des transports Minsk est très bien organisée, entre Bus, Tramway, Troley, métro, taxi et même Uber. Cependant la ville étant étendue et vivant à l’extrémité sud, il me faut tout de même quasiment une heure et demie pour rejoindre mon lieu de travail.

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Station de métro

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De rencontres en échanges culturels

Je rencontre Igor, directeur de la programmation culturelle du festival international de filmographie Lispanad qui m’apprend beaucoup sur sa culture, d’autant plus qu’il a vécu deux ans aux États-Unis donc cela lui apporte un double regard sur sa propre culture. Il m’enjoint à aller à son festival pour voir quelques films qu’il a collectés dans d’autres pays.

Et quelle chance d’arriver au moment de ce festival de films et d’avoir rencontré les bonnes personnes ! Igor me conseille un film d’Azerbaïdjan qui s’appelle Pomogranate orchard, très beau film qui se passe au milieu d’un verger de grenadiers typique. Lors de cette séance, je rencontre Sergio, un réalisateur portugais, qui m’encourage à aller voir son film-documentaire, Treblinka, qui aborde la notion de mémoire collective sur le génocide. Ces deux films sont extrêmes bien filmés avec de profondes réflexions sur la vie. J’ai passé de bons moments, forts, ceux desquels l’on sort de la salle un peu tout chose, un peu désorienté, changé si j’ose dire.

Au cours de mon premier week-end, je pars visiter le modeste musée en plein air du village d’Aziartso à quelques kilomètres de Minsk. Natasha, la coordinatrice de mon volontariat, m’accompagne pour visiter cet ensemble de maisons et édifices en bois qui viennent des quatre coins du pays. J’ai passé une excellente demi-journée avec Natasha, que j’apprécie de plus en plus jour après jour. Nous nous apprivoisons et nous nous comprenons de mieux en mieux.

Dès le deuxième jour j’ai eu l’occasion de faire un Free Walking tour avec le jeune Alexandrei qui avait lui aussi fait un SVE (Service Volontaire Européen) en Slovénie comme j’en ai l’opportunité actuellement en Biélorussie. Il nous a parlé pendant plusieurs heures de sa ville et de sa culture. À la fin, il me propose d’échanger nos contacts pour faire un exposé sur la France dans son cours d’anglais. J’accepte avec entrain, ce qui me fait une entrée en matière pour rencontrer de nouveaux Biélorusses. 21 personnes son présentent lors de ma présentation sur la France. J’essaye en 40 minutes de leur montrer au mieux la diversité de la France (paysages, cuisine, costumes, faits divers et variés, arts…). Puis nous passons à une vingtaine de minutes de questions-réponses. Les questions tombaient les unes après les autres. Ce fut un échange de points de vue très intéressant.

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Sur le long fleuve tranquille de l’administration

Ici tout prend du temps, il faut savoir prendre son mal en patience. Посмотрим, Posmotrim comme on dit en Biélorussie ; ne pas lutter contre l’administration lourde et lente du pays slave. Voilà deux semaines que je suis là et j’ai déjà passé un temps infini à signer, faire tamponner, attendre, prendre rendez-vous à gauche et à droite.

La dernière en date : visite cordiale à l’office de l’immigration pour demander l’extension de mon visa. Pour commencer, Natasha ma coordinatrice, y va le samedi matin avant moi pour savoir si tout est bon. Non, bien sûr il manque quelques photocopies. Nous nous retrouvons un peu plus tard pour pouvoir finaliser la démarche. Un peu d’attente, jusqu’ici rien de bien choquant.

Nous finissons par entrer dans le bureau, le cliché même de ce que l’on peut s’imaginer de l’administration russe : une dame sans un sourire, habillée en costume militaire décoré de médailles, nous reçoit dans son bureau. J’effleure du bout des lèvres un strasvoutié (Bonjour) qui n’obtiendra pas de réponse. Elle regarde scrupuleusement la liasse d’une quarantaine de copies que Natasha avait confectionnée avec tant d’application depuis des jours. L’officier dessert les dents pour lâcher un mot succinct. Je vois Natasha stressée. J’observe et ne dis mot. Les minutes passent. Ah enfin une erreur trouvée ! Je vois Natasha changer de couleur de peur de devoir tout recommencer alors que nous n’avons pas plus de temps que cela. Une ligne à changer sur la première page mais sinon tout le reste est bon, l’atmosphère se détend, l’officier met un tampon et une signature sur chacune des feuilles de la liasse puis nous sortons soulagés.

Suite au prochain numéro de cette saga administrative interminable…

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Auteur : Florian Karoubi

N.B. : les photographies sont la propriété de Cultinera et toute reproduction est interdite sans autorisation préalable.

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