Slutsk – Слуцк

Je n’ai que le 25 décembre pour me reposer et me remettre de mes émotions avant de partir pour un camp d’hiver pour 4 jours dans la ville de Slutsk.

Pendant le séjour, plusieurs ateliers sont proposés, dont mon atelier de danses traditionnelles qui dure 3 heures. Bretagne, Flandres, Suède, Grèce, Serbie, Angleterre, Danemark, nous faisons un petit tour d’Europe des danses traditionnelles. Nous finissons l’atelier en beauté puisque la chaîne de télévision régionale vient m’interviewer et filmer les danses que j’ai animées ce matin-là.

Parfois, je suis surpris du rapport entre ces jeunes, car ils n’ont pas le même rapport au corps que les adolescents de chez nous. Ils n’ont aucun problème avec le contact physique et ceci même entre garçons et filles, ce qui me laisse parfois dans la confusion.

Nous allons célébrer les 15 ans d’un club Unesco d’une petite ville à côté de Slutsk. C’est parti, on monte dans un bus scolaire jaune hors d’âge !

Le directeur du club, Igor, nous entraîne dans la visite de la ville et de son petit, mais pas moins intéressant, musée de la ceinture. Ce musée rappelle le savoir-faire unique de la région pour la confection des ceintures.

Au XVIIIe siècle, en Europe de l’est, le Grand-Duché de Lituanie était à son apogée. Il comprenait la Lituanie actuelle, et une partie de la Pologne, de l’Ukraine, de la Transnistrie, de la Biélorussie et de la  Russie actuelles. En cette époque de stabilité sur ce duché qui s’étendait de la mer Noire à la mer Baltique, les échanges étaient facilités et c’est alors que des tissus ont commencé à être importés d’Orient. En l’occurrence, des étoles de soie venues de l’empire Ottoman, dites perses, ont été adoptées par l’aristocratie qui les portait comme ceinture sur un long manteau, symbolisant la richesse de son propriétaire.

Pour des raisons économiques évidentes, il fut rapidement décidé d’importer les techniques et des artisans ottomans dans les terres de l’actuel Belarus. La manufacture créée dans la petite ville de Slutsk connut rapidement un grand succès, développant ses propres motifs. Ses productions furent imitées dans de nombreux pays, jusqu’en France à Lyon. De fait, au XIXe siècle s’est développé un goût pour les productions françaises et les ceintures de Slutsk ont perdu de leur estime. Leur usage fut progressivement réduit jusqu’à devenir un objet de musée au XXe siècle.

Actuellement, bien qu’une partie des techniques connues soit déjà perdue et que des chefs-d’œuvre aient été détruits lors des différentes guerres, de nouvelles créations sont réalisées pour que le savoir-faire de Slutsk ne se perde pas complètement.

En bref, les journées sont bien remplies, nous ne nous ennuyons pas. Je dirais même plus, un peu trop remplies, j’ai un peu de mal à y trouver mon rythme. Mais tout n’est qu’une question de temps et d’adaptation. Tous les soirs, on se réunit en petits groupes pour dire ce que l’on a ressenti pendant la journée, ce que l’on a aimé, ce que l’on a moins aimé et les améliorations que l’on suggère pour la suite.

Je crois comprendre que pour ces adolescents, il est essentiel de se retrouver dans ce contexte de camp d’hiver, avec les amis, le partage et pour s’amuser évidemment. Cela les change et les aide à se construire.

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Les fêtes en danses

Entre toutes mes activités, je prends le temps d’aller à des rencontres de danses traditionnelles. Pour moi le 25 décembre fut un peu raté : une soirée folk mais mélangée avec du hard rock et de métal. Cependant je me rattrape au Nouvel An, toujours accompagné d’Alena, un petit bout de femme d’une énergie surprenante. C’est une aide précieuse pour moi, elle me donne beaucoup d’informations sur les évènements et m’entraîne dans la danse avec vigueur, m’introduit aussi auprès de ses amis. Lors de ce Nouvel An, je rencontre George, un Bélarusse qui vit dans le sud de la France et qui m’apporte aussi beaucoup sur sa propre culture.

Nouvel An
Au Nouvel An

Alena m’emmène aussi dans un musée ethnographique au sein de l’Université nationale. Un véritable labyrinthe que je n’aurais jamais trouvé sans son aide. Il n’est d’ailleurs pas mentionné dans les guides et même certains Biélorusses ne le connaissent pas.

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Avec Victoria, une collègue et amie, nous nous sommes rendus au musée de la culture et de l’histoire du Belarus.

Là, nous avons la chance de tomber sur une exposition temporaire de Batleika, une sorte de théâtre de Noël, un peu comme Guignol. La Pologne surtout a une forte tradition de Batleika dont ils font des compétitions chaque année.

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Auteur : Florian Karoubi

P.S. : les photos sont la propriété de Cultinera ou de ses amis et ne peuvent être reproduites sans autorisation préalable.

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