Yalda, le Noël persan

La nuit de Yalda, Shab-e Yalda ou Shab-e Cheleh, est une fête traditionnelle persane de plus de 5 000 ans qui correspond au solstice d’hiver et donc à la nuit la plus longue de l’année dans l’hémisphère nord. Elle est célébrée autour de la nuit du 21 décembre. Traditionnellement, les plus âgés reçoivent la famille pour veiller jusqu’à l’aube.

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Origines et explications :

Correspondant au début de l’hiver, Yalda célèbre la fin de la saison des récoltes et souhaite la prospérité de l’année suivante. C’est une des célébrations les plus importantes en Iran avec Norouz, le nouvel an iranien qui, à l’inverse, célèbre l’arrivée du printemps. En effet, si le calendrier de nombreuses civilisations repose sur la lune, l’Iran, ou plutôt l’ancienne Perse dont la première religion fut le Zoroastrisme, se base sur le soleil. Pour cause, lors de cette célébration, les Iraniens célèbrent aussi la naissance de Mithra, ou Mehr en persan, qui signifie « ami » car il s’agit d’une divinité bienfaisante, celle de la lumière, rattachée au soleil par conséquent. De fait, après la nuit la plus longue de l’année, les nuits raccourcissent et les jours rallongent. Sa naissance marque donc la victoire de la lumière sur l’obscurité, et donc, selon la croyance perse, la victoire du bien sur le mal. On comprend ainsi la signification de yalda en persan : « naissance ».

Mithras_petra_genetrix_S. Stefano Rotondo, Rome
Naissance de Mithra, issu de la pierre, dont il jaillit ici. S. Stefano Rotondo, Rome.

Lors de la veillée de Yalda, les familles se réunissent pour partager le repas et veiller jusqu’à l’aube, littéralement mais aussi symboliquement passer de l’ombre à la lumière. Cet esprit rappelle le Noël chrétien qui célèbre la naissance de Jésus-Christ à cette même période. D’ailleurs, la date du 25 décembre n’a été choisie qu’au IVe siècle après Jésus-Christ, justement pour remplacer une fête romaine trop populaire au goût des nouveaux Chrétiens, à savoir la célébration de la naissance de Mithra, la même divinité du soleil célébrée au Moyen-Orient.

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Rituels et symboles :

Les foyers iraniens sont agrémentés d’un arbre qui reste vert durant l’hiver, comme notre sapin de Noël, lequel est décoré de divers éléments aux tons rougeâtres pour rappeler la lumière du soleil, symbole de vie.

Mariam Pirzadeh - twitter
Arbre décoré et coupe de fruits aux tons rouges

C’est pour cette même raison que lors de Yalda, les Iraniens consomment essentiellement des fruits rouges, gorgés du soleil qui va revenir après la nuit la plus longue et qui va prendre sa prédominance sur les journées. Ce sont ainsi des grenades et des pastèques qui colorent la table de fête, ainsi que des oranges et des kakis. La pastèque symbolise la bonne santé et la grenade, la renaissance et le renouveau des générations. Des fruits secs se joignent aussi à la tablée afin d’apporter prospérité et solutions aux problèmes.

Yalda_repas - CC by SA Kaveh

Une tradition accompagne l’événement, qu’on appelle Faal-e Hafez : il s’agit de la lecture d’un poème du célèbre poète iranien du XIVe siècle, Hafez. Chacun des membres de la famille fait un vœu, puis l’on demande au plus âgé de la famille de lire un poème à voix haute en ouvrant au hasard un livre de Hafez. Selon le vœu de chacun, l’interprétation du poème doit lui permettre de savoir comment et si celui-ci va pouvoir se réaliser.

Auteur : Estelle Pautret


Pour aller plus loin :

Crédits : CC by SA John Crane, Mariam Pirzadeh, Nicolas Ballet.

3 réflexions sur « Yalda, le Noël persan »

  1. Bonjour,
    Voilà un billet bienvenu pour nous rappeler que l’Iran plonge ses racines dans l’une des plus importantes civilisations de l’humanité dont la force continue d’insuffler nos cultures, malgré les vicissitudes du temps…
    Effectivement, la fête de la naissance de Jésus a été instituée vers l’an 200 par les Pères de l’Église  »pour faire oublier » le culte de Mithra que les Romains avaient emprunté aux Perses vers 67 avant J.-C. Et il fut finalement interdit par les chrétiens en 391. Noël fut fixé au solstice d’hiver selon le tout nouveau calendrier Julien qui, à cause d’une erreur de l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie, indiquait le solstice à la date du 25 décembre.
    Mais, Mithra, ou Mehr iranien, ou Mitra indien, est-il le dieu du soleil ou le dieu de la lumière ? Le soleil n’est-il pas seulement un symbole de la lumière comme le sont Jésus, la vérité, le bien, l’amitié, l’amour et bien d’autres choses précieuses ?
    Yaldâ n’est-il pas la fête de la victoire de la lumière sur les ténèbres ?
    Ceci dit, Joyeux Yaldâ !

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