Le Glögi, une boisson traditionnelle finlandaise

Alors que les enfants ouvrent leur première case du calendrier de l’avent, dans les pays scandinaves, certains inaugurent le début du mois de décembre avec une boisson chaude traditionnelle des pays nordiques : le glögi. On l’écrit glögi en finnois, gløgg en norvégien et en danois ou encore glögg en suédois et en islandais – l’appellation est de manière générale reconnue sous la prononciation [glurg]. Il s’agit en fait d’une boisson épicée – la plupart du temps alcoolisée – servie chaude ; le glögi pourrait ainsi être comparé à notre vin chaud français. Traditionnellement à base de gingembre, cannelle, sucre et vin, il existe en réalité une multitude de variantes. L’origine de cette tradition scandinave remonterait au XVIe siècle.  

.

Description :

Le glögi, comme on l’appelle en Finlande, ou plus précisément glüwhein, est une boisson chaude servie à Noël. Le mot finnois glögi vient du suédois glögg qui vient lui-même de glödgat vin, c’est-à-dire « vin chaud ».

La recette de base est composée d’épices mélangés à du vin rouge, du sucre et un spiritueux, le tout chauffé entre 60 et 70°C. Un certain nombre d’épices peuvent composer la boisson, mais l’incontournable pour un glögi réussi est la cardamome.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Photo n°1 : Glögi en préparation

Les temps de trempage du sucre dans le spiritueux peuvent varier. De même, certains recommandent de faire d’abord bouillir l’alcool et les épices et de mettre le mélange au réfrigérateur toute la nuit. On peut même remplacer le sucre par du miel ou du sirop. Il advient à chacun de façonner sa propre tradition.

.

Origine :

L’ancêtre du glögi est attribué à un vin épicé du XVIe siècle appelé Hippocras – en référence au fameux médecin Hippocrate, la croyance commune voulant que le vin soigne les blessures musculaires. Ce vin était bu par les marchands allemands, le produit a donc beaucoup voyagé. C’est ainsi qu’au début du XVIIe siècle, le roi Gustave Ier de Suède eut connaissance de ce vin chaud allemand qu’il renomma glodgad vin. Au XIXe siècle, glodgad vin fut abrégé en glogg. La version courte glogg est alors vue comme une description physique de la boisson. Le mot, qui signifie « briller », illustre le sucre scintillant dans le mélange lors de la préparation. Cela était d’autant plus significatif à l’époque puisqu’on préparait le glogg en posant un cône de sucre humecté de cognac (ou d’autres spiritueux) sur une grille placée au-dessus d’une marmite remplie de vin chaud épicé qui mijotait sur le feu. Le cône fondait alors petit à petit, gouttait dans le vin, lui donnant ainsi son goût sucré et les fameuses paillettes qui scintillent dans la boisson.

Au cours du XIXe siècle, le glogg arrive en Finlande où on le nomme glögi, il était à l’époque la boisson des messagers et postiers qui voyageaient à cheval ou sur des skis dans toute la Scandinavie (Norvège, Suède, Finlande, Danemark et Islande). Le glögi servait alors à réchauffer ces hommes qui travaillaient par temps très froids.

Lors de la prohibition finlandaise (1919 – 1932), la consommation d’alcool, et donc de glögi, fut arrêtée. En 1920, la marque alimentaire Jalostaja tenta pourtant d’introduire un glögi industriel mais ce fut sans succès. Avec la fin de la prohibition, on commença à trouver des publicités pour le glögi dans les magazines finno-suédois, c’est ainsi que dans les années 1950 – 1960, le glögi devint une tradition spécifiquement finno-suédoise. A la fin des années 1960 – début des années 1970, on commença à trouver des recettes de glögi dans les magazines exclusivement en langue finnoise. Dès lors, le glögi devint la tradition de Noël dans toute la Finlande.

Stephen Kennedy Blossa X5 Glögg Gift Packaging by BVD
Photo n°2 : Blossa Glögg, une marque de glögi suédois

.

Le moment de la dégustation :

Le glögi est servi lors des soirées en famille, entre amis ou entre collègues, à partir du premier dimanche de l’Avent. Réchauffé avant d’être servi, on le présente généralement dans des tasses ou des mugs. Lors du dîner de Noël, le glögi peut être servi comme boisson de bienvenue, ou bien avec le dessert ou encore à la place du thé et du café. Pendant le repas, il est d’usage de boire plutôt de l’eau, de la bière ou du vin. La boisson traditionnelle est le plus souvent accompagnée de raisins secs, d’amandes blanchies et des biscuits au gingembre (pepparkakor). Cependant, chaque pays ajoute sa touche personnelle à la tradition.

Ainsi, en Suède, on déguste la boisson avec du pain d’épices et une spécialité suédoise appelée lussebullar (aussi lussekatter) – une sorte de brioche faite avec du safran et des raisins. Au Danemark, on l’accompagne d’aebleskiver (crêpes soufflées) fourrées à la confiture de fraises. Les Norvégiens, eux, boivent le glögi avant de manger leur riz au lait (norvégien : riskrem) qu’ils accompagnent d’un « cordial rouge », un sirop peu dilué avec goût de framboise.

DIGITAL CAMERA
Photo n°3 : Glögi sans alcool et biscuits au gingembre

.

Les variantes :

Il existe différentes sortes de glögi, du non alcoolisé au très alcoolisé (jusqu’à 22%). La version sans alcool du glögi est généralement pour les enfants mais elle est aussi appréciée des adultes. Le vin est remplacé par du jus de raisin ou du jus de cassis. Les versions alcoolisées du glögi sont également très différentes les unes des autres. Ainsi, les Suédois recommandent d’utiliser de la vodka à la place de l’eau de vie – « aquavit vodka » de préférence. Presque tous les spiritueux peuvent être utilisés : le schnaps danois, le whisky, le cognac ou encore le rhum brun par exemple. Il existe également le glögi blanc, c’est-à-dire qu’on remplace le vin rouge par du vin blanc ou du cidre.

Brunneby Musteri Saffransglögg, 65 cl
Photo n°4 : Glögi au jus de pommes et au safran

.

Recette :

Pour environ 1,5 l de glögi.

Ingrédients :

  • 1 litre de jus de cassis
  • 1/2 litre de jus de pommes
  • 2 bâtonnets de cannelle
  • 1 demi-gousse de vanille
  • 4 clous de girofle
  • 3 graines de cardamome (ou une pincée de cardamome moulue)
  • 1 c. à café d’écorces d’oranges amères moulues
  • 2 étoiles d’anis
  • 30-50 cl de vin rouge
  • 10 cl de vodka

Laissez mijoter tous les ingrédients dans une casserole pendant 20 à 30 minutes, puis filtrer. Vous pouvez ensuite y ajouter des raisins secs ou des pruneaux. Le tout doit être servi chaud.

.

Auteure : Laurane Mandin


.

Pour aller plus loin :

.

Crédits photos :

CC by SA : Solis Invicti (Photo de couverture), mararie (Photo n°1), Stephen Kennedy (Photo n°2), Jeena Paradies (Photo n°3), Brunneby Musteri (Photo n°4)

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s