Le Jala Neti, une pratique ayurvédique

Les médecines traditionnelles s’accordent pour dire que la santé passe par la respiration. Néanmoins, nos cultures occidentales n’ont guère l’habitude d’entretenir les filtres et conduits qui se cachent dans notre nez. A contrario, en Inde, le nettoyage du nez fait partie intégrante de l’hygiène quotidienne : on parle de technique du lota ou Jala Neti dont l’objectif est d’éviter tout encombrement et de prévenir le développement de pathologies. Neti, en sanskrit, signifie nettoyage du nez et Jala Neti indique donc la pratique qui consiste à se nettoyer le nez avec de l’eau salée. La pratique s’effectue avec un ustensile appelé lota, ou pot neti. Il s’agit d’un petit récipient avec un bec verseur, telle une lampe d’Aladin, un arrosoir ou une théière, selon les références que l’on a, en plastique dans sa version de voyage moderne ou plus traditionnellement en céramique ou en métal.

Origine ayurvédique ancestrale

Le Jala Neti est une technique ancestrale indienne issue de l’Ayurveda qui remonte à plusieurs millénaires. À l’origine, il fait partie des Kriyas, ensemble de techniques de nettoyage du corps utilisées par les pratiquants de l’Hatha yoga pour purifier le corps et l’esprit, éliminer les toxines physiques et mentales et ainsi redonner sa pleine énergie à la personne. Les techniques sont rassemblées par zone du corps à nettoyer.

Parmi les plus simples et les plus connues chez nous, on peut citer le lavage de la langue au réveil avec un gratte-langue pour éliminer les toxines qui se sont déposées durant la nuit. Le Jala Neti permet quant à lui une meilleure respiration par le nez et une meilleure clarté mentale en guise de préparation aux pranayamas (respirations), aux asanas (postures) et à la méditation.

Au tout début, les yogis allaient se nettoyer le nez directement dans les cours d’eau ou les sources en recueillant l’eau pure dans le creux de leurs mains et en l’aspirant par les narines. Ce n’est que récemment dans l’histoire de cette technique qu’un objet spécifique a été imaginé par des maîtres yogis pour assurer le rituel de nettoyage auprès de leur nombre d’élèves croissant à l’international.

En Europe, le principe est connu depuis la fin du XIXe siècle ; on trouvait des pots neti à vendre dans les pharmacies de plusieurs pays d’Europe. La pratique a été reléguée au rang des vieux remèdes oubliés avant de revenir sur le devant de la scène au début des années 1970 avec le yoga.

Intérêts et bienfaits

Le Jala Neti est actuellement utilisé dans les hôpitaux ayurvédiques d’Inde qui reconnaissent ses nombreux bienfaits.

Tout d’abord, le passage de l’eau permet de purifier les conduits du nez tapissés de cils capillaires qui sont les premières barrières défensives de notre système respiratoire contre les pathogènes, évitant ainsi l’accumulation de bactéries.

Ensuite, l’apport d’une eau salée permet de drainer, à travers la muqueuse des sinus, les mucus qui entrainent congestion et pression à l’origine d’inflammation (sinusite, maux de tête…).

La technique du lota est ainsi excellente contre les problèmes de sinusite, de pollution et pour prévenir les refroidissements. Elle peut être pratiquée le matin pour commencer la journée ou le soir, notamment pour éliminer la pollution ou les allergènes.

Plus largement, une simple pratique est efficace pour soulager un nez encombré ou bouché, un début de rhume ou des troubles ORL à répétition (rhume, bronchite, grippe, etc.), des éternuements fréquents, des allergies, une sinusite, des maux de tête.

Une pratique régulière peut améliorer certaines problématiques telles que des ronflements, des acouphènes, soutenir un sevrage du tabac (au cours duquel les poumons évacuent de nombreux déchets) ou encore améliorer l’odorat.

Mais aussi, les effets peuvent être ressentis au niveau mental en réduisant les tensions, la déprime et en apportant une meilleure clarté d’esprit, capacité de concentration.

Pratique concrète

Les ingrédients nécessaires sont assez simples :

  • Sel non raffiné idéalement (mais en pratique, n’importe quel sel fera l’affaire du moment qu’il se dissout bien) : 9 % pour 1 L (soit 0,9g/100ml ou 1 cuillère à café pour 500ml)
  • Eau à température ambiante (voire tiède), idéalement filtrée, distillée ou de source

Mettre le sel dans le neti pot. Ajouter un fond d’eau tiède et attendre que le sel se dissolve. Rajouter le reste de l’eau à température ambiante.

Positionner l’embout du pot neti au niveau d’une narine, pencher le buste en avant et la tête sur le côté en levant le coude. Normalement, en quelques secondes, l’eau ressort par l’autre narine ; cela peut être plus long les premières fois si les sinus sont congestionnés. Laisser couler un peu avant de relever la tête.

Il peut être important de penser à garder la bouche ouverte pour éviter que l’eau ne passe dans la bouche. Si l’écoulement ne se fait pas ou passe effectivement dans la bouche, basculer un peu plus le sommet du crâne vers le bas et relever le menton en le rapprochant de la poitrine. Il se peut que ce ne soit que des gouttes qui coulent et non un filet d’eau, c’est normal si vous avez les sinus très encombrés. Attendez un peu que les mucus se liquéfient ou bien arrêtez, l’action n’aura pas été inutile, vous pourrez réitérer l’expérience pour voir l’évolution le lendemain.

Bien souffler par le nez, se moucher une première fois puis faire la même chose de l’autre côté.

Terminer en se mouchant correctement puis en soufflant bien de chaque narine puis des deux, tête penchée puis tête relevée, afin d’éviter de laisser de l’eau stagner dans les sinus et de créer un développement microbien.

Si dans la pratique yogique, le Jala Neti est présenté comme une hygiène corporelle et mentale quotidienne, de préférence le matin au réveil, il est important de rester à l’écoute de son corps et de son ressenti, comme l’enseigne justement la philosophie yogique. Il peut être intéressant de le faire chaque jour en entretien ou sous forme de cure sur plusieurs semaines, surtout en cas de problématique à répétition (sinusite, rhume, etc.) ou de grosse exposition à la pollution ; en quel cas on préférera le pratiquer en fin de journée. Mais cela dépend avant tout de chacun, car l’eau salée peut assécher les voies nasales (ce qui peut être évité par l’application de quelques gouttes d’huile de sésame) chez certaines personnes ou être douloureuse pour d’autres.

Par ailleurs, en cas de douleur persistante ou de gêne anormale (la pratique peut être un peu désagréable, mais pas au-delà), n’hésitez pas à consulter un médecin.

Auteur : Estelle Pautret


Pour aller plus loin

Crédits images :

CC BY-NC 2.0 Chiot’s Run, Danmachold ; CC BY-ND 2.0 Harmonli

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